France
France – Italie, chronique d’une rivalité artificielle (2/3)
Second épisode de la saga sur la rivalité franco-italienne.
Aujourd'hui : Une rivalité au goût du jour.
Rédigé le 11/03/2008 à 09h37 par Guillaume Soulier
D’origine culturelle et géographique, les derbys qui sévissaient entre la France et l’Italie ont depuis peu pris une autre dimension. Les tensions accumulées de part et d’autres liées aux récentes et douloureuses confrontations directes en ont fait des véritables chocs. Explications.
Une rivalité au goût du jour
Le 9 juillet 2006 restera comme une date historique dans l'évolution des rapports franco-italiens. Elle marquera un tournant décisif dans cette relation qui est passé en une soirée de simple rivalité à véritable guerre froide. Une soirée où la finale de la Coupe du Monde 2006 a filé entre les doigts des Bleus pour atterrir entre les mains d'italiens opportunistes. Une soirée qui vit chuter une légende lorsque, à quelques minutes du début de la terrible séance des tirs aux buts, Zinédine Zidane passa ses nerfs sur le torse de Marco Materazzi dans un "coup de boule" déjà mythique. Et une nuit où toute la France pleura sa Coupe du Monde perdue et dont le responsable expiatoire ne pouvait être que le "boucher" Marco Materazzi. Dans l'histoire, tout le monde fut lésé. Grande frustrée de cette finale, la France a fini par perdre cette Coupe du Monde qui lui tendait les bras. L'Italie, malgré son sacre mondial, voyait sa popularité chuter à cause de son non-match lors de la finale mais surtout de la provocation de Materazzi qui retint l'entière attention des médias durant tout l'été. Ainsi, la France en a voulu à l'Italie de lui avoir volé la victoire tandis que l'Italie en a voulu à la France de lui avoir volé la popularité qu'elle estimait avoir mérité. Et la boucle fut bouclée.
Maintenant, pour savoir qui a raison et qui à tort ou qui a commencé, c'est chercher qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier. Une chose est sûre, personne ne fait en sorte que cela s'arrête. A commencer par les principaux acteurs de cette rivalité, à savoir les joueurs ou sélectionneurs. Car depuis deux ans et cette fameuse soirée du 9 juillet 2006, Raymond Domenech et son homologue Roberto Donadoni ne cessent de s'envoyer de petites piques par presse interposée. Mais ils ne sont pas les seuls. Car ce fut bientôt les joueurs, le Milanais Gennaro Gattuso en tête, qui mirent le pied à l'étriller afin d'aider leurs sélectionneurs dans cet affrontement écrit. La rivalité sportive entre la France et l'Italie prend donc bel et bien une autre tournure, parfois même au détriment du spectacle. La dernière rencontre entre ces deux équipes s'est soldée par un triste 0-0, tant la tension était palpable sur le terrain. Trop peureux de voir l'équipe adverse prendre l'ascendant sur le match, les vingt-deux protagonistes jouaient avec la peur de perdre plus qu'avec leur habituelle envie de gagner. Ces tensions semblent donc inoxydable tant elles paraissent vitales pour les deux équipes et il faudra s'y faire. Tant que ces deux équipes continueront de tutoyer les sommets, une rivalité continuera de les unir.
A suivre demain : A qui profite t-elle ?
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