
L'idylle était née là-haut voilà quatre ans, en National Le Nord ne riait pas encore avec le très tendance Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon. A Valenciennes on pleurait plutôt en écoutant "Les Corons" de Pierre Bacheletet, l'hymne de l'équipe vedette du coin. Celle des basketteuses. Les footeux ne s'était pas remis de l'affaire OM-VA, et la cité n'avait pas encore entrepris le lifting de cette cité minière.
«Quelque chose de très fort est né entre la ville et nous», explique Steve Savidan. «Nous étions tous des mecs ayant galéré en Ligue 2 et en National. Le club et la ville ont grandi ensemble», ajoute t-il. En six ans, il avait couru six clubs. Il allait s'ancrer pour quatre saisons au pays des briques. Il en a aimé les valeurs, les a adoptées sans peine. C'était celles, aussi, d'un gamin des quartiers.
«J'aime le côté familial, le respect, le fait qu'on ne m'ait pas jugé à mon arrivée. On souvent dit : qui juge, renie», lance cet ancien enfant terrible.
«Je n'ai jamais ressenti ça là-bas.»
Savidan s'est donné à fond avec Daniel Leclercq, puis Antoine Kombouaré.
«Quand j'entendais les gens chanter mon nom, je savais que je n'avais pas intérêt à me louper», sourit-il. 19 buts en National, 16 en L2, puis 13 en Ligue 1. En quatre ans, il aura disputé quatre saisons à 34 matches, ou plus. Les refrains se sont enchaînés, une idole était née. Car au-delà de "Savigol", les Ch'tis avait adopté cet attaquant qui courrait sans cesse, taclait un peu partout.
A Caen, il a commencé à trouver ses marques, à prendre ses repères sur le terrain comme en dehors. Il lui reste à faire d'Ornano, son jardin. Premier labour demain face à ses copains Mater, Saez et Penneteau.
«On s'est appelé. Je leur ai dit d'amener les protèges-tibias et l'armure. Ils m'ont dit de faire pareil... Ce sera forcément un match particulier, mais il faudra mettre le passé de côté. Marquer, je m'en fou. Je veux qu'on marque notre territoire comme des petits chiens.» Et Savidan est prêt à mordre.