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Coupe d’Asie AFC 2007: A l'Est, du Nouveau!
Petite présentation de la 14ème Coupe d’Asie des Nations, qui débutera ce samedi 07 juillet2007 au Stade Rajamangala de Bangkok avec le match d’ouverture Thaïlande-Irak.
Rédigé le 05/07/2007 à 13h11 par Eduardo Dupas
Encore méconnue en Europe, la Coupe de la Confédération Asiatique de Football est un équivalent de l’Euro en Asie. Elle réunit et met en compétition tous les quatre ans les 16 meilleures sélections nationales du continent, selon une formule tout à fait classique, avec une phase de groupe, puis des quarts de finale, des demis finale et une finale. Cette 14ème édition qu débutera le 7 juillet est marquée par un certain nombre d’innovations majeures.
Tout d’abord, l’organisation de la compétition: pour la première fois de l’histoire de La coupe, celle-ci a été confiée à quatre pays simultanément: La Thaïlande, L’Indonésie, le Vietnam et la Malaisie. La proximité géographique de ces Pays et la qualité prévue des infrastructures ont convaincu les dirigeants de l’A.F.C de tenter ce pari audacieux, en dépit des grandes difficultés de coordination et de logistique que ce choix entraîne. Les nations d’Accueil étant très peuplées, et les stades qualifiés immenses, une énorme affluence moyenne de spectateurs est attendue, surtout en Indonésie, quatrième pays le plus peuplé au monde, où le colossal Gelora Bung Karno Stadium de Jakarta (enceinte d’une capacité de 100 000 places assises, bâtie en 1962 et rénovée pour l’occasion) accueillera 8 matchs. Ce choix est également le fruit d’un calcul de la part de la direction de l’AFC : il s’agit de donner «un coup de pouce» aux fédérations de football d’Asie du Sud Est, afin d’accélérer leur intégration dans le football mondial et populariser ce sport encore mal aimé dans la région, en incitant le public à soutenir leur sélections nationales respectives face aux géants de la confédération asiatique réunis.
La seconde nouveauté importante de cette Coupe d’Asie des nations 2007 est la participation inédite de la sélection australienne. En effet, suite au transfert de la fédération australienne de football vers la Confédération Asiatique rendu effectif le 1er janvier 2006, la sélection australienne est d’emblée parvenue à se qualifier pour sa première participation aux éliminatoires de la compétition asiatique phare (2006). Ce choix du transfert de la confédération océanienne vers celle du continent asiatique a été la conséquence logique d’une nouvelle politique de développement du football initiée en 2003, date de la création de la Australian Football Federation, née des cendres de l’Australian Soccer Association, dont le symbole est la nouvelle ligue professionnelle aussie lancée en 2005, L’A-league. Ce changement a été justifié par le désir d’accroître la compétitivité de la sélection nationale en la confrontant à des adversaires de meilleur niveau (le Japon plutôt que la Nouvelle-Zélande, L’Iran plutôt que les Iles Salomon) et d’acquérir une meilleure chance de se qualifier pour les Coupes Du Monde, la confédération océanienne n’ayant jamais pu obtenir plus qu’une place de barragiste continental, malgré d’inlassables requêtes auprès de la FIFA. Grosso modo, la nouvelle direction de la AFF a souhaité tordre le cou une bonne fois pour toutes à des décennies d’amateurisme pour dorénavant professionnaliser le football australien et le faire "enfin" décoller. Au niveau national, ce changement de confédération permettra aux meilleurs clubs australiens de participer à la Champions League de l’AFC.
Précédée d’une phase de préparation, durant laquelle les équipes participantes ont multiplié les matchs amicaux pour se tester et se peaufiner, la phase finale débutera donc en Malaisie, ce Week- End avec le Match Malaisie-Irak, dans une ambiance bouillonnante.
Passées ces petites considérations technico-administratives, place à un petit tour d’horizon des quatre groupes constitués le 19 décembre 2006 pour cette Coupe d’Asie des Nations 2007 : Groupe A, B, C et D.
* Groupe A: Australie, Irak, Thaïlande, Oman
Le groupe A n’est pas d’un niveau particulièrement relevé et devrait se résumer à une sorte de tour de chauffe pour des australiens qu’une facile victoire en amical contre Singapore vendredi (3-0, 29/06/07) a rassuré. Puissants athlétiquement, aguerris par les championnats européens et forts d’une bonne expérience en coupe du monde (2006), Les «Socceroos» sont même tellement favoris dans ce groupe qu’il n’apparaît pas décemment concevable que la sélection australienne puisse être sortie au premier tour de la compétition ; surtout avec la présence confirmée des stars Mark Viduka, Tim Cahill et Harry Kewell. Le contraire constituerait une incroyable déconvenue et entraînerait à coup sûr le licenciement express du jeune sélectionneur Graham Arnold.
On ne voit en effet guère que la jeune et talentueuse sélection d’Irak pour être en mesure de gêner un tant soit peu l’ancien géant de la Zone Océanie. Malgré la guerre qui ravage leur pays depuis 2003, les « Lions des deux rivières» irakiens ont eu assez de force morale pour continuer d’obtenir des résultats honorables dans les compétitions internationales (notamment une belle quatrième place aux jeux olympiques d’Athènes 2004) et devraient poursuivre leur chemin en quart de finale de cette coupe d’Asie 2007. C’est en tout cas le mal que l’on souhaite à cette équipe technique et vaillante, qui selon les dires du capitaine et buteur Younis Mahmoud, « donnera son maximum sur les terrains pour passer un peu de baume au cœur à une population martyre ».
Les deux autres formations du groupe tâcheront quant à elles de profiter le plus possible de ces trois matchs pour engranger de l’expérience et continuer leur apprentissage. Avec un soupçon de pression supplémentaire pour l’hôte thaïlandais, dont les supporters locaux attendront forcément plus que de la figuration. A noter également que l’entraîneur de la sélection d’Oman pour cette Coupe d’Asie 2007 n’est autre que l’argentin Gabriel Calderon, ancien champion du monde (1978, 1986) et précédemment entraîneur de l’Arabie saoudite, qu’il avait qualifié pour le mondial 2006.
* Groupe B: Vietnam, Japon, Qatar, Emirats Arabes Unis
Le groupe B semble taillé sur mesure pour les tenants du titre nippons, qui partent très largement favoris. Emmené par son brillantissime capitaine Shunsuke Nakamura, maître à jouer du Celtic Glasgow, le «Daihyo» japonais ne devrait pas rencontrer trop de problèmes contre le Vietnam et deux vieux habitués de la zone orientale, Le Qatar et Les Emirats Arabes Unis. Il importera surtout aux joueurs «insulaires » de se mettre le plus en valeur possible dans ce tournoi, afin d’attirer l’œil d’éventuels recruteurs européens, pour venir grossir les rangs encore bien maigres des joueurs japonais évoluant dans les championnats du vieux continent. Ceci afin que la sélection poursuive son ascension tout en conservant une certaine homogénéité.
Pas grand-chose à signaler sur l’hôte Vietnamien, si ce n’est que l’équipe nationale progresse lentement depuis son unification en 1991 (il existait jusque là deux équipes vietnamiennes distinctes, celle du Sud, et celle du Nord qui ne jouait généralement que contre les équipes d’autres pays communistes !) et qu’elle espère encore s’améliorer au cours de ce tournoi. Accrocher la deuxième place qualificative serait déjà une belle performance pour les « rouges », mais il faudra pour cela défaire une équipe du Qatar toujours sérieuse (contrairement à l’environnement de la sélection, c. f notre article : http://www.morefoot.com/actualite-7439.html!) et celle des Emirats Arabes Unis, encadrée depuis 2006 par le français Bruno Metsu, très apprécié dans la région. La jolie victoire du Vietnam obtenue au Bahreïn en amical (3-5, 30/06/07) va néanmoins dans ce sens. Concernant le Qatar, on suivra avec attention les prestations du spectaculaire attaquant Khalfam Ibrahim, en espérant que le jeune prodige daigne un jour venir en Europe régaler des stades autrement plus remplis et enthousiastes que les clinquantes arènes qataris aux tribunes désertes…
* Groupe C: Malaisie, Ouzbékistan, Chine, Iran
Le groupe C parait le plus équilibré de tous avec trois équipes susceptibles de décrocher une place en quart de finale.
La première est à l’évidence la Team Melli iranienne, 47ème mondial au classement FIFA, qui dans le cadre de sa préparation, a dernièrement laminé en amical la Jamaïque au stade Azadi de Téhéran (8-1, 02/07/07). Malgré son mondial 2006 décevant, l’ossature de l’équipe construite par le précédent sélectionneur, Branko Ivancovic, a été reconduite et arrive à maturité; en attestent la saison réussie des sept joueurs expatriés en Europe, notamment le milieu défensif Jawad Nekounam, demi finaliste de la coupe UEFA avec l’Osasuna Pampelune. De plus, l’ardeur des persans sera décuplée par la soif du titre : vaincus d’un souffle en demi finales de l’édition précédente en Chine, les iraniens n’ont plus rien gagné depuis 1976 (c'est-à-dire avant la révolution de 1979 !) alors que leur équipe en a toujours eu le potentiel. Voici l’occasion ou jamais.
La deuxième est la sélection de Chine; fort de ses quatre joueurs expatriés, dont le jeune attaquant de Manchester United Dong Fangzhuo, le groupe chinois tentera d’imiter au mieux son parcours de pays hôte en 2004, où il était parvenu en finale en développant un jeu intéressant. Une bonne coupe d’Asie 2007 permettrait d’asseoir de saines bases avant l’accueil des jeux olympiques et surtout les éliminatoires de la coupe du monde 2010.
Le troisième larron dans cette prometteuse foire d’empoigne est l’Ouzbékistan. La meilleure équipe de football d’Asie Centrale avait manqué de peu son billet pour le match de barrage qualifiant pour la Coupe du Monde en Allemagne, finalement raflé par le Bahreïn au terme d’une double confrontation pour le moins litigieuse. Elle revient dans la compétition continentale avec la ferme intention de prouver sa valeur et faire mieux qu’en 2004, où elle avait été éliminé sans avoir perdu le moindre match en quart de finale… Par le Bahreïn ! La star de cet escadron formé à l’école soviétique (une demi douzaine de joueurs sélectionnés évoluent depuis longtemps en Russie) est un joueur relativement connu en Europe puisqu’il s’agit de Maksim Shatskikh, l’avant centre du Dynamo Kiev, pensionnaire régulier de la Champions League.
La formation malaise, exclusivement composée de joueurs du championnat national, devrait enfin, sauf exploit, fermer la marche.
* Groupe D: Indonésie, République de Corée, Bahreïn, Arabie Saoudite
Difficile de se lancer dans de solides pronostics avec cet étrange groupe D. A priori, la Corée du Sud est l’un des favoris pour le titre, mais sachant que l’équipe entraînée par Pim Verbeek (successeur des néerlandais Guus Hiddink puis Dick Advocaat à la tête de la sélection) n’a eu de cesse d’enchaîner des résultats en dents de scie depuis deux ans, et qu’elle se présentera au tournoi sans trois de ses joueurs clés, tous blessés au printemps, il flotte comme un goût d’incertitude au pays du matin calme. Que vaudra la sélection des diables rouges sans son milieu gauche Park Ji Sung, champion de Premier League avec Manchester United, son défenseur Lee Young Pyo (Tottenham) et son attaquant Seol Ki Hyeon ? Les nouveaux venus, issus de la modeste K-league , auront la lourde tâche de faire aussi bien que leurs glorieux aînés de 2002. Pour cela, les guerriers taeguk devront rapidement se mettre à l’abri dans ce groupe, afin d’éviter de mauvaises surprises. Le sélectionneur Verbeek, très critiqué en Corée, a clairement énoncé l’enjeu lors d’une conférence de presse tenue le 17 juin dernier : « Si nous n’allons pas en demi finale, je démissionnerai. »
L’Arabie saoudite, bête noire de la Corée, contre laquelle elle n’a plus perdu depuis douze ans, se verrait bien elle aussi en demi finales, et même plus. Les fils du désert, qui disputeront la coupe d’Asie avec un onze-type sensiblement identique à celui qui avait fait plutôt bonne figure au mondial 2006, s’en remettront une fois de plus à leur inoxydable capitaine Sami Al Jaber et leur star Al Qhatani pour essayer d’enlever le quatrième trophée continental de leur histoire. La sélection saoudienne pâtira néanmoins de n’avoir toujours pas le moindre joueur évoluant à l’étranger, capable d’insuffler ainsi un peu de culture tactique et de puissance physique dans cette équipe certes toujours irréprochable vis-à-vis de l’arbitrage, mais bien trop tendre et naïve à l’échelle internationale.
Pour ce qui est de la sélection du royaume de Bahreïn, il conviendra de ne pas prendre trop à la légère l’équipe insulaire du Golfe Arabe. Actuellement centième au classement FIFA, cette formation a réalisé d’énormes progrès depuis les années 2000, jusqu à manquer d’un cheveu la qualification au Mondial Allemand de 2006, éliminée de justesse par le Trinité et Tobago en match de barrage aller retour. Le football pratiqué par les bahreïnis n’est pas spectaculaire et repose principalement sur la discipline et la solidité défensive. Pour les amateurs de bons mots, notons que l’un des attaquants de la sélection de l’île se nomme tout simplement… Ali Baba !
La Merah Putih d’Indonésie, qui évoluera à domicile dans ses stades débordant de ferveur nationale exacerbée, tient quant à elle une occasion unique de se faire remarquer, en dépit de l’absence de l’avant centre vedette Boaz Salossa, pour une cheville brisée en match amical contre Singapour.
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