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Coupe d'Asie AFC 2007: le bilan

Coupe d'Asie AFC 2007: le bilan


Avec la finale de dimanche et le triomphe de l’Irak (1-0), s’est clôturée une édition 2007 de la coupe de l'AFC particulièrement riche d'enseignements sur le devenir du football asiatique...

Rédigé le 01/08/2007 à 12h18 par Eduardo Dupas
Le bilan général que l'on pourra dresser de cette coupe de la confédération asiatique de football 2007 est pour le moins contrasté.

De prime abord, et d'un strict point de vue technico-administratif, les objectifs auront été remplis. Les 4 pays organisateurs,La Malaisie, La Thaïlande, Le Vietnam et l'Indonésie, forts de leur expérience de la coordination dans le Cadre du partenariat économique de l'ASEAN (depuis 1967), ont globalement tenu l’ambitieux pari d'organiser le tournoi dans de bonnes conditions, sans heurts ni incidents techniques majeurs (exception faite de la panne de courant survenue à la fin du Match Arabie Saoudite - Corée, joué au Stade Bung Karno de Jakarta, et à laquelle les organisateurs indonésiens ne surent pas su remédier). Les stades élus ont été rénovés en temps et en heure, y compris le colossal mais vétuste Bung Karno Stadium de Jakarta, ainsi que les infrastructures thaïlandaises qui avaient suscité les remontrances du comité exécutif de l’AFC en Juin 2005 et Octobre 2006. Autre fait louable, il n’y aura pas eu la moindre trace de « dommage collatéraux» ou de hooliganisme ni à l’intérieur ni à l’extérieur des stades, ce qui pouvait risquer d’avenir, vu le nationalisme parfois exacerbé des foules, et les troubles sociaux toujours latents dans la région. Par ailleurs, on notera avec plaisir que le contexte politique intérieur très tendu en Thaïlande n’aura pas non plus perturbé le déroulement des matchs à Bangkok, vécus dans une «parenthèse festive et bon enfant ».
Sur un plan économique, La coupe d’Asie, outre les ordinaires merchandising et sponsoring liés à la Confédération Asiatique de Football (AFC), aura généré des effets bénéfiques pour les économies locales, en partie grâce au tourisme induit par l’arrivée massive de supporters venus de tout le continent asiatique. De plus, la compétition, en témoignant de la capacité d’accueil et d’organisation des pays hôtes, aura véhiculé une image positive de l’Asie du Sud Est auprès des investisseurs étrangers, ce qui constituait l’enjeu extra sportif le plus important. Ainsi, pour un pays comme l’Indonésie, en proie aux troubles sociaux et à des catastrophes naturelles aussi récurrentes que meurtrières (le Tsunami en janvier 2005, les coulées de boue en 2006), il était important de pouvoir démontrer que l’Etat était parfaitement à même d’assumer la prise en charge d’un évènement international de grande ampleur en en maîtrisant les aspects logistiques, financiers et sécuritaires.

Cependant, l'ambition de la confédération asiatique était tout de même, au delà du simple aspect business/marketing (magistralement incarné, soit dit en passant, par l'insipide hymne officiel pop de la compétition, "I believe", sorte de bluette eurodance ânonnée par la starlette thaïlandaise Tata Young), de susciter un engouement durable pour le football en Asie du Sud Est, et de donner un coup de fouet aux fédérations d’Asie du Sud Est pour accélérer leur développement et la profesionnalisation du football.
Et là, force est de constater que le résultat est plus que mitigé. Car non seulement les affluences aux matchs se sont avérées bien plus faibles qu’escomptées (moins bonnes qu’en 2004), atteignant même des sommets de ridicule pour les matchs Oman Irak et Arabie Saoudite-Bahreïn avec 500 malheureux spectateurs (!), mais en plus les sélections hôtes, toutes mises en déroute, n’auront pas su fédérer les supporters pour créer un quelconque élan populaire! L’AFC avait calculé que les équipes nationales attiseraient la passion des amateurs de sports vietnamiens, indonésiens, malais et thaïlandais, et qu’un effet boule de neige conduirait à l’essor du football dans la région. Soit. Mais avait elle bien songé à ce qui se passerait en cas d’insuccès flagrant des locaux ? Avait elle bien relevé que les sélections nationales de pays très lointains (l’on songe ici au Qatar, l’Oman ou l’Irak), en plus de n’être dotés que de contingents de supporters extrêmement réduits, voire inexistants, n’exerçaient aucun attrait sur les habitants? N’avait elle pas tout simplement confondu goût réel pour le football en général et fierté patriotique ?
Ce qu'on aura observé au cours de la phase de poule, en terme d'affluence, c'est une nette tendance au «chauvinisme": les plus grandes affluences ont concerné les matchs des sélections des pays hôtes (Indonésie et Vietnam, surtout) ce qui était prévisible, tandis que les rencontres entre pays visiteurs ont quasiment toutes été littéralement « snobées» par les habitants, de Kuala Lumpur à Palembang. Bien que l’on puisse comprendre que des matchs entre sélections du golfe arabe passionnent moins les foules indonésiennes ou malaises, il y a tout de même là un signe évident d’un désintérêt prononcé pour le « sport roi » en tant que tel. Une fois les 4 équipes nationales éliminées, c’est en effet à une désertion généralisée des arènes que l’on aura pu assister. Voir un stade national d’Hanoi à moitié rempli pour un quart de finale Australie-Japon (pourtant tous deux mondialistes en 2006!), et un Iran-Corée joué dans Un Bukit Jalil Stadium d’une capacité de 100 000 places assises parfaitement vide laisse pour le moins sceptique. Il est également dommage que la finale du tournoi n’ait réussi « qu’à attirer 60 000 spectateurs » dans l’une des plus vastes enceintes du monde, Le B. Karno de Jakarta.
A tout le moins, on aura bien compris que le football n’était pas encore une passion également partagée sur l’ensemble du continent asiatique, et qu’il demeurait des «niches» régionales encore relativement indifférentes au ballon rond. Est-ce un bien, est-ce un mal ?… à L’AFC de trancher.
En fin de compte, seul le Vietnam aura plus ou moins atteint ses objectifs sportifs et populaires, entretenant la flamme jusqu’aux quarts de finale…. Bien maigre consolation.
L’échec sportif de l’ensemble des sélections hôtes dans le tournoi, parfois cinglant, n’aura, on s’en doute, guère convaincu la population du Sud Est asiatique que le football avait un quelconque avenir dans leur région. Et c’est là que la politique de la Confédération Asiatique a vu ses projets grandioses se heurter à une réalité sociale et sportive qui les a mis en échec dans les faits. Le président du comité exécutif de l’AFC, Mohammed Bin Hammann, lucide, a montré qu’il avait compris : « ce choix a été une erreur (…) Pour le comité exécutif, il a été difficile de gérer la Coupe D’Asie avec 4 comités d’organisations différents et 4 centres médias, ainsi que d’un point de vue financier. Si j’avais le choix, je ne le referais pas.»
Tout ceci nous laisse donc à penser qu’il eut probablement été plus sage et cohérent de confier l’organisation de la Coupe d’Asie à un seul pays, où le football constitue une réelle passion populaire. Pourquoi alors n’avoir pas tout simplement confié le tournoi à la seule Indonésie ? Ceci restera un mystère…
L’AFC ne devrait elle pas, en effet, concentrer les efforts de manière à renforcer les pays de football plutôt que tenter d’étendre sans limites la mainmise sur le continent et d’immiscer de forcer les pays : bref viser une intensification plutôt que l’extension à tout prix ? Ceci semblerait la meilleure stratégie à adopter si toutefois l’AFC souhaite réellement que les sélections asiatiques montent en puissance dans les compétitions de la FIFA. A moins que ne prime définitivement le business sur le sport, l’AFC se cantonnant à un rôle purement « commercial ».
Malheureusement, il semblerait que les dirigeants de l’AFC n’aientt que partiellement retenu la leçon en désignant le Qatar comme pays hôte pour l’édition 2011. Car si, d’un coté, il est certain que l’organisation de la compétition y sera simplifiée et moins coûteuse, les affluences risquent fort de battre les records de cette édition 2007, tant il est notoire que les stades qataris sont toujours déserts… La décision est elle liée au fait que le président de l’AFC est lui-même de nationalité qatarie ? Des enjeux pécuniaires trop importants se cachent ils derrière cette décision saugrenue ? Car, a l’évidence, la décision la plus pertinente sportivement aurait bel et bien été de confier l’organisation de la coupe d’Asie a l’Australie, pays en plein essor footballistique, doté d’excellentes infrastructures, pour célébrer la venue de sa fédération au sein de la confédération. Ou au pire, de la confier à l’Iran, pays de football avéré, dont la sélection nationale pourrait remporter le titre. Il est à craindre qu’avec sa décision, l’AFC ne contribue à retarder encore l’éclosion du football asiatique….



La coupe d’Asie AFC 2007 en Chiffres


Affluence:


- Affluence moyenne sur l'ensemble de la compétition: 23 000 spectateurs par match environ.

- Affluence la plus grande: Indonésie-Corée: 87 000 spectateurs

- Affluence la plus faible: Oman-Irak: 500 spectateurs
A.Saoudite-Bahreïn: 500 spectateurs


Buts :

- Nombre de buts total : 83

- Moyenne par match : 2, 68

- Meilleur buteur : Younis Mahmoud (Iraq), Naohiro Takahara (Japon), Yasser Al Qathani (A. Saoudite) : 4 buts.





Bilan sportif équipe par équipe



Cette coupe d’Asie, de par ses statistiques, se sera inscrite dans la norme internationale contemporaine. Pas trop de buts, peu de matchs très spectaculaires (la meilleure rencontre aura sans nul doute été la demi Finale Japon - Arabie Saoudite (2-3)), et quelques victoires écrasantes. La hiérarchie du football asiatique n’a pas été trop bousculée, et l’on n’aura pas vu de renversement des valeurs semblable à celui opéré à la coupe du monde 2002, hébergée sur le continent. Le niveau de jeu n’a pas toujours été très élevé, et les matchs ont parfois pâli en comparaison avec ceux, torrentiels et impressionnants, de la Copa America du mois précédent.
Il est également difficile d’affirmer au terme de la compétition s’il y a une réelle amélioration générale du football asiatique. Il en ressort néanmoins que le niveau se resserre entre les favoris traditionnels et les autres équipes dites de seconde zone. Cela correspond t-il à une hausse du niveau chez les outsiders ou à un déclin des grandes sélections ? Le débat est ouvert.

Enfin, la forcément symbolique victoire de l’Iraq, saluée dans le monde entier, aura indiscutablement constitué la plus belle surprise de cette coupe d’Asie.



• Groupe A


Australie :

Un match nul arraché dans les ultimes minutes en ouverture contre l’Oman (1-1), une lourde défaite contre l’Iraq (3-1) : pour leur baptême de feu dans la compétition phare du continent asiatique, les socceroos auront tout simplement frôlé la catastrophe ! Pourtant, les hommes de Graham Arnold figuraient bel et bien parmi les larges favoris du tournoi. On se demandait même comment le bataillon de joueurs de Premier League aussie pouvait chuter contre les outsiders omanais ou irakiens. Malheureusement, les Viduka, Cahill, Kewell, Bresciano, peut être en méforme, ou trop présomptueux, n’ont guère brillé que lors du match décisif contre l’hôte thaïlandais, match qu’ils se devaient d’emporter largement, ce qu’ils réussirent fort heureusement pour eux par ailleurs (0-4).

Mais ce n’était hélas que partie remise, puisqu’en quarts de finale face au Japon, les verts et jaunes s’inclinaient aux tirs aux buts (1-1, 4-3) malgré un but d’Aloisi et une belle résistance à dix contre onze pendant les prolongations. L’Australie a semble t-il payé pour apprendre que les adversaires qu’elle aura désormais à affronter chaque année au sein de l’AFC seront bien plus coriaces que les folkloriques équipes de Polynésie qu’elle laminait naguère avec ennui à chaque phase éliminatoire de coupe du Monde. Pour apprendre également qu’il ne suffit pas d’avoir des joueurs évoluant en championnats européens pour enregistrer automatiquement des succès. Reste que l’Australie a tout de même échappé à l’affront en se hissant en quarts de finale de sa première Coupe d’Asie. On notera aussi pour l’anecdote que l’attaquant vedette Mark Viduka aura marqué à 3 reprises, ce qui n’est pas rien pour une première. Un parcours à méditer pour les australiens.


Oman :

L’équipe omanaise, dont on n’attendait pas grand-chose dans cette coupe d’Asie, n’est pas passée bien loin de l’exploit. En effet, à quelques minutes près, la sélection omanaise battait en ouverture les favoris australiens grâce à un but de leur attaquant Badar, et s’arrogeait trois points qui lui auraient peut être permis d’accéder aux quarts de finale. Las, les hommes de Calderon allaient ensuite essuyer un revers contre une équipe de Thaïlande surmotivée à domicile et n’obtenir qu’un nul de haute lutte contre l’Irak. Cette participation aura tout de même permis à une formation très jeune d’enrichir son expérience et de montrer de quoi elle était capable, c'est-à-dire d’un jeu attrayant et offensif, quoique encore insuffisamment rôdé pour pouvoir prétendre à plus qu’accrocher des favoris de temps à autres. Reste à voir si les jeunes «rouleurs de qat » omanais sauront confirmer pour les prochaines éliminatoires de la coupe du monde 2010. A cette fin, ll serait de bon aloi pour la sélection de conserver Calderon, afin de préserver la stabilité nécessaire à l’amélioration générale de l’équipe.


Irak :

Que dire du parcours de l’Irak si ce n’est qu’il fut quasiment parfait de bout en bout ? Du premier match contre la Thaïlande à l’apothéose de la finale contre L’Arabie Saoudite, l’Irak n’aura livré que des prestations à la fois sérieuses défensivement et talentueuses en attaque ( 7 buts en 6 matchs pour deux encaissés), en venant notamment à bout de trois des plus sérieux candidats au titre. La génération de l’emblématique Younis Mahmoud, qui s’était déjà illustrée aux jeux olympiques d’Athènes en 2004, a su confirmer au-delà des plus folles espérances iraqiennes tout son potentiel. Les « lions » auront maintenant le privilège de participer à la prochaine coupe des confédérations, où ils pourront se mesurer aux plus grands, dont le Brésil, frais émoulu vainqueur de la Copa America en juin. Ils risquent fort aussi d'y retrouver les vainqueurs de la Gold Cup 2007... Les Etats Unis, pour ce qui constituerait un match à très forte charge symbolique. L’occasion de voir ce que cette superbe et courageuse équipe vaudra au niveau international, et si elle sera capable de parfaire son jeu, qui manque encore d’efficacité et de fluidité dans la circulation du ballon. Pour cela, les joueurs irakiens les plus en vue dans cette coupe d’Asie seraient bien inspirés de rejoindre les championnats les plus relevés pour poursuivre leur apprentissage. Voilà quoiqu’il en soit une victoire qui aura bien du mal à résister aux récupérations politiques…



Thaïlande:

Une sélection jeune et en progrès, mais hélas broyée devant son public par une équipe australienne aux abois qui luttait pour sa survie (0-4). Des joueurs agiles, vifs et techniquement adroits, mais pas assez athlétiques pour tenir tête aux formations plus aguerries. A noter que les thaïlandais n’ont pas su pérenniser leur statut de meilleure équipe d’Asie du Sud Est, puisque leur rival vietnamien a su mieux négocier son parcours. Reconnaissons cependant que la Thaïlande était placée d’emblée dans un groupe particulièrement ardu pour elle. La coupe d’Asie n’a pas trop changé la donne pour cette sélection encore entièrement composée de joueurs jouant le championnat local.





• Groupe B


Vietnam :

Joli parcours que celui réalisé par la formation vietnamienne dont on ne donnait pourtant pas cher, dans un groupe où figuraient tout de même le tenant du titre japonais et deux équipes arabes toujours au rendez vous. Le premier match (2-0) aura été le plus déterminant pour ces joueurs techniques et rapides, car, par la suite, ils n’ont pas tellement confirmé ce bon premier match, tant face au Qatar (au cours duquel les vietnamiens ont inscrits l’un des buts gags de l’année, 1-1) que face au Japon, où ils furent littéralement mis en déroute après avoir ouvert le score (1-4). En quart de finale, les vietnamiens ont présenté une résistance honorable à une sélection irakienne de toute façon supérieure dans presque tous les compartiments de jeu (2-0). Difficile d’imaginer toutefois que la sympathique équipe vietnamienne puisse espérer un jour se qualifier pour une coupe du monde en tablant sur ce niveau de jeu. On pourra néanmoins saluer le public vietnamien qui fut l’un des plus assidus et les plus intéressés par ce tournoi.


Japon :

Un parcours digne d’un tenant du titre… qui s’est malheureusement brisé en demi finales. Les nippons croyaient avoir fait le plus dur en terrassant l’Australie en quart de finale, mais un trop plein d’erreurs défensives et une inefficacité flagrante en attaque contre l’Arabie Saoudite ont privé le Daihyo de finale (2-3). En dépit de cet échec, les joueurs Nakamura et Takahara ont confirmé leur montée en puissance depuis leur installation en Europe. D’autres aussi, Endo, Maki, Abe, qui devront absolument quitter l’archipel pour s’endurcir eux aussi en Europe. Le groupe japonais devra aussi trouver une solution à son manque d’efficacité offensive, et cesser de faire tourner le ballon pour finir par végéter stérilement devant les surfaces de réparation.


Qatar :

Le Qatar, bien entré en matière en tenant le Japon en échec (1-1), a finalement connu une coupe d’Asie médiocre, avec un match nul contre le pourtant abordable VietNam, et une défaite impardonnable face aux Emirats Arabes Unis. « Al Ennabi » a peut être payé la mauvaise inspiration de son entraîneur bosniaque Džemaludin Mušović, qui n’a pas cru bon d’associer le très en verve Sebastian Quintana (attaquant d’origine uruguayenne naturalisé qatari, auteur de 3 buts en trois matchs) au jeune et fulgurant Khalfan Ibrahim, écartant ce dernier, alors qu’il aurait pu constituer ainsi l’une des paires d’attaquants les plus redoutables d’Asie. La formation qatarie aura toutefois l’occasion de se relancer en hébergeant la prochaine coupe d’Asie.


Emirats Arabes Unis :


La formation entraînée par le Français Bruno Metsu s’est réveillée trop tard dans le tournoi pour passer le cap de la phase de poule. Bien dommage pour les « faucons», vainqueurs de la coupe du Golfe 2007 et qui arrivaient au Vietnam avec le statut d’outsider. Il semblerait que l’effet de l’éloignement ait été une des causes de l’insuccès de l’équipe, peut être gênée par le contexte du stade national d’Hanoi ou le climat local. Comme en 2004, les émirats arabes unis n’auront joué que trois matchs, le temps de faire montre d’un certain potentiel footballistique, que le pays s’évertue à entretenir et renforcer depuis deux décennies en injectant des sommes considérables (via le sponsoring d’Emirates Airlines et la Dubai Holding) dans la fédération nationale. L’argent, hélas, ne peut pas tout faire, et cette stratégie n’a visiblement pas encore porté ses fruits. Patience.




• Groupe C


Iran :

La team Melli est elle maudite en coupe d’Asie ? C’est ce que l’on serait bien tenté de croire au vu des deux derniers résultats obtenus par la formation iranienne, en 2004 et 2007. Dans cette coupe d’Asie 2007, les iraniens, favoris attendus au tournant, avaient pris un départ idéal en dominant les ouzbeks d’entrée (2-1), en arrachant le nul contre la Chine (2-2) et en vainquant relativement aisément la Malaisie (2-0). Trois fois hélas, les persans se sont alors cassé les dents sur une robuste équipe coréenne qui ne les a cette fois pas laissé atteindre les demi finales (comme en 2004, où l’Iran avait gagné 4-3 en prolongations), en les éliminant en séance de tirs aux buts au terme d’un match aussi rugueux qu’ennuyeux. Pourtant, avec des joueurs de la trempe de Nekounam, Teymourian ou Karimi, le talent était là, à chaque poste ou presque, et l’équipe du capitaine Mahdavikia avait fière allure. Il semblerait que cette génération dorée, présente à deux coupes du monde, ait définitivement laissé passé sa chance d’emporter un trophée continental. L’occasion pour les jeunes pousses de faire leur entrée dans la sélection.


Chine :

Enorme déception pour les chinois, qui se sont peut être vus trop beaux après leur carton contre la Malaisie (5-1), et qui repartent finalement bredouilles au terme de la phase de poule. La malchance (contre l’Ouzbékistan, entre autre, vainqueurs 3-0 dans un match ouvert que la Chine pouvait tout aussi bien remporter), et le manque de rigueur (le match nul 2-2 contre l’Iran après avoir mené 2-0 !) ont grandement contribué à ce terrible échec de la « Guodjia Dui », et subséquemment, au licenciement expiatoire du sélectionneur Zhu Guanghu, censé subsumer l’échec de ses joueurs. Après la non qualification pour la coupe du monde 2006, voici un nouveau revers pour la sélection de la république de Chine qui pourrait toutefois se relancer plus vite que prévu, vu le nombre de joueurs chinois commençant à percer un peu partout en Europe (Yu Dabao au Benfica Lisbonne, Sun Piang au PSV Eindhoven, Fangzhuo à Manchester, etc.) et le potentiel quasi illimité de l’Empire du Milieu.

Ouzbékistan :

On savait depuis quelques années déjà que l’Ouzbékistan avait une bonne équipe nationale et qu’elle avait le potentiel d’un demi finaliste de coupe d’Asie. Son actuelle place de 54ème au classement mondial FIFA l’attestait d’ailleurs amplement. Pour cette coupe d’Asie 2007, Les ouzbeks sont passés comme en 2004 très près de cette fameuse place en demi finale, vaincus en quarts de finale par le futur finaliste saoudien (2-1) malgré 5 tirs sur les poteaux et un but refusé du capitaine Shatskikh! Les hommes du sympathique et discret Rauf Inileev ont, malgré cette élimination, fait largement honneur à leur réputation, se reprenant bien après leur courte défaite contre l’Iran (2-1) en écrasant coup sur coup la Malaisie (5-0) et la Chine (3-0), le tout en pratiquant un football de contre-attaque rapide et hardi. L’avenir de la sélection est un brin incertain car son leader Maksim Shatskikh (auteur de 3 buts en trois matchs) va bientôt atteindre la trentaine et la relève se fait quelque peu attendre. Toutefois, les nombreux jeunes ouzbeks évoluant en réserve dans les grandes équipes du championnat russe (Rubin Kazan, Lokomotiv Moscou) semblent promis à un bel avenir.



Malaisie :

Au moins cette coupe d’Asie aura eu le mérite de mettre certaines choses au clair : La Malaisie n’est pas un pays de football et n’aspire pas à le devenir. Et sa pauvre sélection nationale, balayée par la Chine (5-1), l’Ouzbékistan (5-0) puis battu encore par l’Iran (2-0) n’aura inspiré qu’une compassion navrée aux rares spectateurs malais venus peupler le cyclopéen Bukit Jalil Stadium de Kuala Lumpur. Dans ce pays en plein essor, la population est largement plus intéressée par les performances des grands clubs d’Europe de l’Ouest et les lucratifs paris qu’ils peuvent générer que par la ligue nationale malaise. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les affluences y ont été particulièrement risibles. Hormis quelques gestes techniques surprenants et un joli but, il n’y aura presque rien de positif à retenir pour la formation de Norizan Bakar.





• Groupe D


Arabie Saoudite :

En prenant les rênes de la prestigieuse sélection saoudienne quelques mois avant le début de la compétition, l’entraîneur brésilien Hélio Pinto César Dos Anjos a eu la clairvoyance de ne pas convoquer les cadres vieillissants de l’équipe nationale (la génération d’Al Jaber), pour mieux faire appel à la jeune garde saoudienne, issue de l’équipe olympique. Résultat : une équipe d’une moyenne d’âge de 25 ans, pratiquant un football inventif et généreux, quoique friable défensivement et manquant parfois de rigueur, et surtout, un superbe parcours de finaliste à la clé : 6 matchs joué, 12 buts marqués et quatre belles victoires. En finale, les « fils du désert » n’ont certes rien pu face à la détermination des irakiens (0-1) mais ils n’en sont pas ressortis abattus, car ils savent que le plus beau est encore devant eux. Car le véritable objectif saoudien, c’est la coupe du monde 2010, et une victoire à laquelle les verts et blancs n’ont plus goûté depuis le mondial 1994 aux Etats Unis!

Pour cela, la fédération saoudienne comptera sur cette génération fraîche et enthousiaste, à la pointe de laquelle le duo formé par l’Inarrêtable Yasser Al Qathani (4 buts dans le tournoi) et le puissant Malek Mouath (2 buts) fait figure de proue. Toutefois, pour mener à bien cet ambitieux programme, les saoudiens devront rompre en visière des pratiques qui les ont fait stagner pendant plus d’une décennie et perdre beaucoup de crédit en Coupe du Monde (La lourde défaite 8-0 infligé par l’Allemagne en 2002, puis le 4-0 par l’Ukraine en 2006), à savoir : le changement d’entraîneur perpétuel, puissant vecteur d’instabilité, et surtout le cantonnement des joueurs au football local. En effet, tant que les footballeurs saoudiens passeront toute leur carrière dans les clubs de Riyad, de la Mecque ou de Jaddah, ils ne pourront jamais espérer progresser suffisamment pour pouvoir faire bonne figure au plus haut niveau. Malheureusement, des salaires extravagants et un certain isolationnisme les incitent fortement à en rester là. Pourtant, en expatriant quelques joueurs cadres dans des championnats de haut niveau quelques années, la sélection nationale pourrait ainsi bénéficier de l’expérience emmagasinée que ces « exilés » transmettraient alors aux jeunes saoudiens. C’est le prix à payer pour faire progresser une équipe nationale qui, pour l’heure, est vouée à être une puissance continentale, mais pas internationale car trop fragile.


Bahreïn :

Cette coupe d’Asie aura lourdement coûté à la sélection nationale du Royaume de Bahreïn, qui risque fort de perdre du terrain au classement FIFA, après deux années d’élévation. Avec deux défaites, 7 buts encaissés, et un dernier match en eau de boudin (0-4, contre le grand voisin Saoudien) les « rouges » finissent bons derniers du groupe D ; et ce malgré une belle victoire arraché aux favoris coréens (2-1) qui laissait entrevoir quelques espoir. Le bilan est donc très décevant en comparaison avec celui de la précédente coupe d’Asie (2004, Chine), où l’équipe insulaire du golfe arabe avait atteint pour la première fois les demi finales de la compétition continentale. Le jeu défensif et discipliné ne suffit désormais plus pour obtenir des résultats sur le continent et l’équipe du Bahreïn devra s’adapter et élever son niveau de jeu si elle veut continuer à donner du fil à retordre aux grands de la confédération asiatique. A noter que le buteur national Al Hubail n’aura pas pu inscrire le moindre but dans la compétition.


Indonésie :

Donné possible surprise du tournoi, le Merah Putih d’Indonésie, même à domicile, aura été trop juste pour pouvoir ne serait ce qu’accrocher une place en quarts de finale, malgré toute la ferveur des supporters indonésiens entassés dans le stade Gelora Bung Karno de Jakarta. Vainqueur d’entrée contre le Bahreïn (2-1) grâce à un but du bondissant avant centre Bambang Pamungkas, l’escouade du sélectionneur bulgare Ivan Venkov Kolev a longtemps cru qu’elle pouvait se qualifier dès le deuxième match contre l’Arabie Saoudite, en obtenant un nul parfaitement méritoire, avant de craquer à la dernière minute sur un but du jeune attaquant saoudien Al Harti Saad (1-2). Pour leur dernier match, joué dans une ambiance infernale, Les indonésiens n’ont pas su malmener suffisamment des coréens pleins de sang froid qui en sont finalement venus à bout grâce à un but en première mi temps (1-0). Un résultat final un peu frustrant, d’autant plus que cette équipe, placée dans un groupe un peu plus facile aurait tout à fait pu prétendre jouer un quart de finale. En fin de compte, l’Indonésie est peut être l’équipe qui aura le mieux joué des 4 sélections hôtes malgré ses deux courtes défaites. Maintenant, tout cela sera-t-il suffisant pour espérer jouer un jour une coupe du monde ? Rien n’est moins sûr.


Corée :


Bien loin des fastes de 2002, la sélection de Corée de Pim Verbeek aura atteint l’objectif des demi finales sans jamais enthousiasmer. Avec trois malheureux buts au premier tour et trois 0-0 successifs, les guerriers taeguk ont largement démontré leur insuffisance offensive, et le cruel manque d’efficacité des attaquants Lee Dong Gook et Choi Sung Kung, malgré un Lee Chun Soo en bonne forme. Les Jeunes Lee Keun Ho et Yeom Ki Hun n’ayant pas non plus su se mettre en valeur l’avenir de la Corée en tant que puissance continentale semble remis en question. D’autant plus que la sélection aurait très bien pu chuter dès le premier tour, et n’a du sa qualification en demi finale qu’à la très bonne inspiration de son capitaine et portier Lee Won Jae en séance de tirs aux buts contre l’Iran (0-0, 4-3). Au terme du parcours, le sélectionneur néerlandais, sans doute découragé par les féroces critiques en Corée, malgré le résultat inespéré obtenue en regard des « moyens » dont il disposait et l’absence des meilleurs joueurs coréens Park Ji Sung et Lee Young Pyo, a décidé de démissionner. Cette décision qui a semble t-il désolé les joueurs coréens, devrait vraisemblablement amener l’entraîneur champion en titre avec l’Irak, Jorvan Vieira à la tête d’une équipe dont les atouts actuels semblent surtout se résumer à un jeu défensif appliqué et une vraie puissance athlétique, dont elle abuse parfois (cf. : l’expulsion du jeune Kang Min Soo contre l’irak). Les matchs amicaux récents de la sélection ont toutefois tendu à montrer que contre des vis-à-vis de haute tenue (Uruguay, Pays Bas, Ghana), la Corée ne parvenait plus à s’imposer. Une sérieuse cure de remise en forme devra être appliquée pour redresser cette formation au déclin inquiétant.


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