Espagne
Mais que devient le Super Depor ?
Véritable épouvantail de la scène européenne voila quelques années, le Deportivo La Corogne n'est plus que l'ombre de lui même, et se morfond dans le bas du classement de la Liga. Récit d'une chute...
Rédigé le 15/11/2007 à 12h15 par Alexandre
Le Real Club Deportivo de La Coruña a changé...
Il est loin le temps où le club galicien effrayait les grands d'Espagne et d'Europe dans son antre du Riazor. Désormais le club pointe à une bien modeste 17ème place, juste au-dessus de la zone rouge, avec le ratio médiocre de 12 points en 12 journées...
Le Depor a déjà connu six fois la défaite, pour 3 nuls et seulement 3 victoires, dont une notable à Pizjuan contre le FC Séville (0-1, 7ème journée).
Bien trop peu pour redorer un blason ternit depuis trop longtemps maintenant...
Les années phares de ce club.
Le Deportivo La Corogne a en effet connu ses heures de gloire au début des années 2000. En ce temps là, il faisait partie des "grands" d'Espagne car titillant sans cesse l'hégémonie des deux monstres sacrés que sont le FC Barcelone et le Real Madrid, sans oublier non plus le FC Valence.
Cette domination a connu son premier fait d'armes à la fin de la saison 1999/2000, où le Depor décrocha le seul et unique titre de Champion d'Espagne de son histoire. Les années suivantes ont vu la confirmation du club galicien, qui finit successivement deux fois 2ème (2001 et 2002), puis deux fois 3ème (2003 et 2004).
Les galiciens étoffèrent un palmarès bien pauvre jusque là en raflant également la Coupe du Roi (2002) et la Super Coupe d'Espagne (2000 et 2002).
Voila des bases qui devaient installer durablement ce petit club à faible budget tout en haut de l'affiche en Espagne, mais aussi en Ligue des Champions, où le Depor se montra plutôt à son avantage pour un novice.
En effet, dès sa première participation à l'épreuve reine, le atteignit les quarts de finale de la compétition, sorti de justesse par un autre outsider, Leeds United (3-2). Mais l'édition qui a vu la victoire finale du Bayern n'a pas été sans éclats pour le club entraîné alors par Javier Irureta, puisque sorti d'un premier groupe difficile composé de la Juve, du Panathinaïkos et d'Hambourg, puis d'un second où figuraient l'AC Milan, le PSG et Galatasaray (la C1 se jouait encore en deux phases de poules).
Les autres éditions auxquelles prit part le Depor les vit finir de nouveau quart de finaliste en 2002 (tomba contre Manchester), puis demi-finaliste en 2004. L'année d'avant, les joueurs d'Irureta n'étaient pas parvenu à sortir d'un groupe composé de Manchester, de la Juve et du FC Bâle, en deuxième phase de groupes.
Mais c'est véritablement l'édition 2003/2004 qui vit la consécration du club galicien sur la scène européenne, puisqu'ils atteignirent le dernier carré de la plus prestigieuse de compétitions européennes. Tout d'abord sérieusement chahutés en phase de poules, avec la mémorable défaite (8-3) contre la bande monégasque de Didier Deschamps, le Super Depor releva ensuite la tête et s'en alla battre par deux fois la Juventus Turin (1-0, 0-1) en huitièmes de finale.
Vint alors l'heure des quarts de finale...Inspiré par les clubs italiens, les joueurs galiciens ont produit l'énorme exploit de passer 4 buts au grand Milan, tenant du titre, lors du match retour au Riazor, alors qu'ils avaient sèchement perdu 4-1 au match aller à San Siro (5-4 sur l'ensemble des deux matchs).
Les galiciens réalisèrent là un exploit retentissant aux yeux de toute l'Europe, qualifié alors de «miracle» par le coach Irureta. Carlo Ancelotti, l'entraîneur milanais, alla même jusqu'à donner le statut de favori au Depor pour la victoire finale. Il est vrai que le club bleu et blanc n'aura jamais été aussi proche d'un sacre européen.
Mais les Dragons de Porto, emmenés par le génial Mourinho, se chargèrent de ruiner les espoirs galiciens (0-0, 0-1), et allèrent chercher eux-mêmes la Coupe aux grandes oreilles...
Cette équipe du Depor comptait alors dans chacune de ses lignes des joueurs d'exception:
la cage était gardée par le bondissant Molina, devant lui évoluait des rocs comme Andrade, les mythique Naybet et Mauro Silva, l'argentin Duscher ainsi que le métronome Sergio, puis des joueurs à vocation plus offensives comme les virevoltant Fran et Victor, le génial Valeron, l'artiste Djalminha, le jeune Luque, sans oublier les redoutables buteurs Pandiani, Tristan et Makaay (soulier d'or européen en 2003).
De cette équipe bien rodée et expérimentée qui faisait trembler les cadors européens, il ne reste plus rien ou presque aujourd'hui. Le mythique entraîneur Javier Irureta fut remercié en 2005 suite à une avalanche de mauvais résultats.
La Corogne ne parvenait en effet plus à sortir des phases de poules de la C1 et pointait loin derrière les cadors en Championnat. Même la faible Coupe Intertoto semblait au dessus de ses moyens, ridiculisée qu'elle fut par l'OM au Vélodrome, en août 2005 (5-1).
Tous les joueurs cités auparavant, à l'exception de Valeron et Sergio, ont fuit le club. Mais les milieux espagnols ne sont plus que les ombres des formidables technicien qu'ils étaient.
Le jeu proposé lui n'est plus aussi alléchant qu'auparavant, et seule une poignée de noms portent encore le club sur leurs épaules...On pense au prometteur défenseur argentin, Fabricio Coloccini, au non moins prometteur petit milieu de terrain mexicain, Jose Andres Guardado, ainsi qu'au buteur espagnol Rodolfo Bodipo.
La liste s'arrête là...
Le Deportivo compte donc désormais sur de bien maigres ressources pour tenter de retrouver la lumière, et il semble évident au regard des performances passées et présentes que ce club vivait au-dessus de ses moyens lors de cette "campagne" 2000-2004.
En proie à des difficultés financières, à des doutes sportifs, le club de Galice paye le prix de sa réussite passée, et peine à sortir la tête de l'eau afin d'éviter une relégation qui s'annonce de plus en plus menaçante au fil des saisons.
Le Super Depor, c'est l'histoire d'un modeste club de Galice qui a tenté de devenir aussi grand que les Grands. C'est ce club "pauvre" qui aura tenté de défier les "riches" dans un monde du ballon rond de plus en plus contrôlé par l'argent.
La belle histoire, elle, aura duré quatre ans, aura fait rêver l'Europe du football, mais depuis, cherche désespérément une suite à son récit...
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